Hommage à Marie-Thé Fakhoury
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Hommage à Marie-Thé Fakhoury
Alexandrie
Photos Divers

 

 
"Un seul être vous manque et tout est dépeuplé"
Alphonse de Lamartine
 
 
Centre funéraire de la Tronche, le mardi 20 mars 2012
 
 
HOMMAGE À MON ÉPOUSE MARIE-THÉ FAKHOURY
( 3 octobre 1943 - 16 mars 2012 )
 
            Nous avons vécu ensemble une très belle histoire d'amour, Marie-Thé et moi. Une complicité permanente, de l'humour, de l'attention, du respect et beaucoup de tendresse. Je me souviens de notre première rencontre ; il n'y a pas eu de coup de foudre, juste un regard et un sourire et puis de la tendresse, et ensuite beaucoup, beaucoup d'amour.
            Nous n'avons pas mis de l'eau bouillante sur un réchaud éteint, mais de l'eau tempérée sur une petite flamme qui ne s'est jamais affaiblie, une petite lumière qui scintille encore et qui me réchauffera toujours. Une flamme nourrie de petites attentions, qui semblent banales, mais qui sont tellement importantes : "Couvre-toi bien mon chéri, ne rentre pas tard ce soir, ne prend pas froid surtout"; un visage inquiet, qui attend devant la porte de la maison ou derrière une fenêtre, quand on rentre un peu plus tard que d'habitude "Enfin te voilà ! J'étais tellement inquiète !". Une main que l'on serre fortement, pour dire "Qu'est ce que c'est bon d'être avec toi !", une voix qui susurre au creux de l'oreille "Si seulement tu savais combien je t'aime !", des petits mots doux, des petits gestes tous simples, des petits bonheurs, qui furent notre quotidien, qui ont renforcé notre amour, consolidé notre couple et donné des repères à nos enfants et à nos petits enfants.
            Marie-Thé était une femme de caractère, une battante, une femme courageuse, réservée, mais très dévouée et pleine de bons sentiments pour ses amis et sa famille. Son époux, ses enfants et leurs conjoints, ses petits-enfants, elle les avait placés très-haut, au sommet de la pyramide, c'était sa priorité, elles les défendait et les protégeait comme une louve défend et protège ses petits. Elle était "mon bébé", j'étais "son petit nounours". Elle nous a maternés, comblés et choyés jusqu'à son dernier souffle.
            Il y a quelques années, sachant qu'elle avait peu de temps à vivre, à cause de son cancer qui lui rongeait le corps, elle avait décidé d'offrir aux petits enfants, un beau voyage en Tunisie, dans un bungalow spacieux et chic, au bord de la mer. Huit jours de rêve pour les enfants et nous ; un souvenir inoubliable.
            Trois semaines avant sa mort, alors qu'elle était hospitalisée à la clinique mutualiste, en état d'extrême faiblesse, elle avait tout organisé pour me souhaiter un joyeux anniversaire, avec la complicité des infirmières, des enfants et de leurs conjoints. Ainsi, toute la famille s'est retrouvée à la clinique, au chevet de son lit, avec cadeaux, bougies, gâteau d'anniversaire et bouteille de champagne. Elle était rayonnante et tellement heureuse, elle souriait et nous embrassait avec chaleur. Pour moi, ce sera à jamais le plus bel anniversaire de ma vie.
            Il y a quelques mois, sachant qu'elle allait mourir, elle avait préparé plein de dossiers pour chacun de nous. "Quand je serai morte, disait-elle, n'oubliez pas de téléphoner à tel organisme, à telle banque, à telle personne !" Elle pensait à tout, prévoyait tout, et rien ne lui échappait !
            Marie-Thé avait la bosse du commerce. Je l'avais constaté très vite ! La connaissant bien, ayant une grande foi en ses capacités, je l'avais incitée d'entrer aux AGF, Assurances Générales de France, qui, en janvier 1975, proposaient un poste de commercial pour assurer les artisans et les commerçants. Elle hésitait beaucoup car, chose surprenante, en ce temps-là, elle doutait d'elle-même, alors que pour ma part, j'étais persuadé qu'elle avait toutes les compétences et les qualités requises pour réussir dans ce métier. Je me souviens l'avoir rassurée et encouragée pleinement en lui démontrant toutes les capacités qu'elle avait dans ce domaine. J'ai réussi peu à peu à la convaincre, à lui redonner confiance et à lui faire changer d'avis. Elle a fini par accepter.
 
            Dès le départ, elle fut dans son élément et elle a tellement bien réussi, qu'elle était toujours parmi les dix meilleurs commerciaux de France. Elle fut même, pendant deux ou trois ans, la femme qui obtint les meilleurs résultats sur toutes les agences de France, soit près de 500 commerciaux, remportant ainsi, et pendant de nombreuses années, de prestigieux voyages à deux, à travers le monde : croisières en Méditerranée, aux Caraïbes, en Norvège sur le Mermoz et j'en passe…
            J'étais en admiration devant ma femme ! C'était un défi qu'elle a su relever avec maestria ! Quelle joie pour moi ! Quelle récompense pour elle ! Voir cette petite femme, la mienne, qui doutait d'elle, située au top, quelle fierté pour nous deux ! Quel bel exemple d'opiniâtreté, de volonté, de persévérance, de courage et de réussite ! Quelle belle victoire sur le destin !
            Marie-Thé était une femme très élégante. Elle avait de très belles robes, gaies et colorées, de belles chaussures à talon, elle allait toutes les semaines chez la même coiffeuse à St-Pierre d'Allevard à qui elle resta fidèle jusqu'au bout. Tout le monde se souvient de son joli petit chignon ! Mais, elle était avant tout une excellente épouse, complice, amie et amante. On improvisait tout ensemble, elle me disait très souvent : "Si je devais me remarier, ce serait toujours avec toi mon petit nounours." Et je lui répondais : "Grâce à toi, mon bébé, ma vie a été imprégnée de bonheur". Nous partions chaque année en voyage pour fêter notre anniversaire de mariage. Depuis plus de quatre décennies, nous n'avons manqué aucun. L'an dernier c'était seulement une nuit à Aix-les-Bains car elle ne pouvait plus se déplacer longtemps, ni trop loin.   
            Marie-Thé fut également une maman, une grand-maman et une belle-mère exemplaire, choyant et bichonnant en permanence ses enfants, ses petits enfants, son gendre et sa belle-fille, faisant attention au moindre détail pour les rendre heureux. Elle qui avait eu une enfance difficile, a reporté sur ses enfants et petits enfants, toute l'attention, l'affection, la gentillesse et l'amour qui lui ont tant manqués, qu'elle aurait tant aimé avoir quand elle était gamine.
            Puis, un jour, en 1994, une petite boule sur le sein droit est venue perturber notre vie, notre sérénité, notre bonheur. Marie-Thé a lutté courageusement, pendant dix-huit ans, contre ce mal perfide, sournois, cynique, qui, au fil des ans, a fini par ronger le sein droit, puis le sein gauche, et peu à peu, le foie, les os et les derniers jours, le cerveau.
            Je me souviens, l'année dernière en cette saison, au petit matin, avant le lever du soleil, alors que nous dormions dans les bras l'un de l'autre, elle m'avait dit "Tu entends dehors le chant des oiseaux ? C'est le printemps mon amour !". Nous sommes restés ainsi, allongés, heureux, sa tête posée sur ma poitrine, à écouter ensemble le chant des oiseaux !
            Aujourd'hui, mardi 20 mars, c'est le premier jour du printemps mon amour, si tu étais encore là, à mes côtés, tu m'aurais engagé par un geste à écouter à nouveau le chant des oiseaux, mais ils ne chantent plus que des élégies, des mélodies tristes et mélancoliques, parce que tu n'es plus là !
            Marie-Thé mon amour, tu as été et resteras toujours notre soleil, notre lumière, notre guide. Tu continueras à briller dans notre mémoire. Nous ne t'oublierons jamais !
            Adieu mon bébé ! Sommeille en paix, ma chérie ! La nuit te couvre de son manteau, mais au-dessus de toi, dans le havre sacré, elle allume ses lampes éternelles !
 
Marcel Fakhoury
Mardi 20 mars 2012 
          
        
 
 
 
                     
" Aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction"
Antoine de Saint-Exupéry 
 
 
 
 
 
Je vais rejoindre l'autre monde
Le jardin de sérénité
Où nous entraîne dans sa ronde
L'horloge de l'éternité
Marcel Fakhoury
 
CANCER DU SEIN
 
Mon cher confrère,
 
Madame FAKHOURY a une tumeur maligne primitive du sein qui correpond tout à fait à ce que l'Équipe de l'A.F.I.P. a décrit en 1992 sous le nom de fibrosarcome et histiocytome fibreux malin du sein...
... Les tumeurs qui nous occupent, sont considérées comme des tumeurs de haut grade, ont un potentiel de récidive élevé et un potentiel de métastase relativement important...
Je serai heureux que vous me teniez au courant de la suite des événements...
 
Prof. P. de S-M (Paris )
Au Dr. P. M. H. (Grenoble)
Le 14/03/1994
 
QUELQUES JOURS PLUS TARD
 
- J'ai trop attendu Papa ! J'ai l'impression qu'on m'emmène à l'abattoir !
 
On nous a convoqués tous deux au tribunal.
 
- Quel crime a-t-on commis ?
- Votre épouse Monsieur ! Votre épouse ! Elle est atteinte d'un sarcome !
- Un sarcome ?
 
Je cherche dans le dictionnaire sarcome... sarcome... ! Et je lis : tumeur maligne.
 
- Vous n'avez pas le droit ! Vous n'avez pas le droit !
 
Mais la sentence est tombée implacable.
 
- Ablation du sein droit !
 
Le plus terrible, c'est que nous n'avions aucune défense. La nature l'a condamnée, nous devions subir sa loi.
 
- Avez-vous pensé à moi ? Savez-vous qu'en la mutilant, vous me mutilez aussi ? Nous ne sommes pas un couple ordinaire, mais des frères siamois, ds jumeaux éternels, des amants hors du temps. Sa douleur est la mienne, ses blessures me font mal. Sans elle, je suis orphelin, un bois mort que la mer rejette et que les promeneurs piétinent...
 
Un jour de Mars 1994
M. F.
 
REMERCIEMENTS
 
Chers amis,
Je vous remercie d'être présents aux obsèques de mon épouse, Marie-Thé Fakhoury. Je remercie ceux et celles qui ont envoyé des fleurs ou des messages de condoléances et de soutien.
Je remercie de tout mon cœur, également les deux infirmières libérales de Lumbin, Laurence et Marie-Noëlle, qui ont soigné mon épouse pendant des années avec compétence et dévouement et qui sont devenues de véritables amies.
Je remercie tout le personnel hospitalier de l'Institut Daniel Hollard, du centre hospitalier Mutualiste et celui de Rocheplane : personnel de service, stagiaires, aides-soignantes, infirmières, médecins généralistes et spécialistes, psychologues et bénévoles et tous ceux et celles qui ont assisté mon épouse aux derniers instants de sa vie. Je les remercie pour leur compétence, leur dévouement, leur disponibilité, leur sourire permanent et leur soutien.
 
Marcel Fakhoury
Mardi 20 mars 2012
 
 
 
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Nous nous sommes tant aimés...
  
 
 "Il faut se quitter déjà ?"
" Ne me secouez pas. Je suis plein de larmes"
Henri Calet
 
 
 
 
 
À MARIE-THÉ
 
Je t'avais fait la promesse
Souviens-toi mon amour
Que je t'aimerai sans cesse
Jusqu'à mon dernier jour
 
Nous avions hissé la voile
Sur l'océan du temps
Guidés par la bonne étoile
Aux couleurs du printemps
 
Mais un jour tu es partie
Au pays sans retour
Depuis, je n'ai qu'une envie
Te rejoindre à mon tour
 
Si tu savais ma détresse
Ma peine et ma douleur
Tout ce chagrin qui m'oppresse
Qui me saigne le cœur
 
Tout là-haut parmi les anges
Je sais que tu m'attends
Là où chantent les mésanges
Depuis la nuit des temps
 
C'est dans ce sublime espace
De paix et de bonheur
Que je reprendrai ma place
À l'ombre de ton cœur
 
Marcel Fakhoury
( 3 octobre 2013 )
 
 
 
 

 

marcel.fakhoury.fr
28/07/02